• Couriot / musée de la Mine
    3 boulevard Maréchal Franchet d'Esperey
    42000 Saint-Etienne

Description

Saint-Etienne a puisé dans son sous-sol les ressources (houille, minerais, eau) qui lui ont donné une prospérité économique.

Aujourd’hui, dans ce territoire post-minier l’enjeu est d’accompagner son renouveau en l’inscrivant dans les transitions
écologiques, économiques, sociétales, culturelles de l’Anthropocène.
Dans ce contexte, la gestion des restes, traces, empreintes
de la mine, témoins d’une économie productive et d’une société industrielle plus que questionnées quant à leur soutenabilité, a
longtemps oscillé entre deux tentations : l’effacement ou la transformation ; l’invisibilisation ou la muséification.
Or, aujourd’hui, la société post-carbone appelle à d’autres soins du territoire, notamment une attention à tout ce qui, dans et par
l’héritage matériel et immatériel minier, fait lien entre les membres d’une société localisée, entre eux et l’environnement dans
toutes ses dimensions et composantes, entre société locale et monde dans sa diversité. Avoir soin et entretenir pour faire milieu
appelle à recharger l’héritage minier de nouveaux sens et usages, de nouvelles valeurs et relations.
Dans un dialogue avec la patrimonialisation portée à Couriot depuis 30 ans, il s’agit de susciter des questionnements et des
rencontres par une exploration des manières dont, sur le territoire post-minier de Saint-Etienne, les problématiques, enjeux et
« tremblements du monde » s’incarnent. Cela se fera autour de trois thèmes :
- les rapports au vivant (animal, végétal ou « en nous » - dimension pulsive et native) ;
- le double imaginaire de l’affirmation des limites (humaines, planétaires, spécistes) et de leurs transgressions par la technique ;
- l’habitabilité du monde
Entre la chute de l’Homme annoncée par l’Anthropocène et une possible ascension qu’il reste encore à réaliser, cette exposition
se veut un moment en suspension nouant des dialogues entre « usages » et « symbolique » où l’héritage minier devient le terreau
idéal pour fonder de nouveaux imaginaires et de nouvelles valeurs individuelles et communautaires. Interpelant la modernité à sa
manière et par conséquent la société industrielle, cette exposition invite non seulement à reconnaitre certaines conséquences du
projet moderne mais à reprendre les principes idéologiques qui l’ont fondé, à en déconstruire les présupposées anthropologiques,
ontologiques, épistémologiques et politiques.
Ainsi pensé et vécu non plus uniquement et principalement comme mémoire mais comme expérience, l’héritage minier nous
permettra de « suivre les fils emmêlés de tout ce qui fait le tissu compliqué du monde, les trames qui attachent les uns aux
autres, non seulement les humains, la terre, les autres espèces, les éléments biologiques, mais aussi les artefacts, les
technologies et les objets mêlés, et encore les langues, les esprits, les fantômes, bref, tout ce qui, humain et non-humain, ‘habite’
ce monde » pour reprendre les propos de Florence Cayemaex dans son ouvrage « Habiter le trouble avec Dona Haraway ».

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