• Cité du Design
    Bâtiment H Nord
    3 rue Javellin Pagnon
    42000 Saint-Étienne
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Description

Pourrions-nous encore sentir le parfum des fleurs exterminées par l'homme ? L'exposition immersive , proposée par l'artiste Alexandra Daisy Ginsberg, nous invite à sentir les effluves de deux fleurs éteintes, perdues à cause de l'activité coloniale. L'Hibiscadelphus wilderianus se trouvait dans les anciens champs de lave du versant sud du mont Haleakala, sur l'île de Maui, à Hawaï, avant que son habitat forestier soit décimé par l'élevage de bovins. Le dernier arbre vivant a été recensé en 1912.L'Orbexilum stipulatum, lui, a été vu pour la dernière fois en 1881. Il poussait sur l'île de Rock Island, dans la rivière Ohio, près de Louisville (Kentucky) aux États-Unis. Sa disparition fut peut-être accélérée par le déclin des populations de buffles lors de la colonisation du continent, mais c'est la construction du barrage américain numéro 41 dans les années 1920 qui, en submergeant l'îlot, a définitivement tué la plante.Extraits d'ADN Dans l'installation immersive, l'odeur de chaque fleur est encapsulée et diffusée dans deux serres. Les fragrances se mélangent : il n'y a pas de parfum exact. Le paysage évanoui se réduit à sa géologie et à son odeur florale ; l'humain est une passerelle entre les deux éléments, et devient, en quelque sorte, le spécimen exposé. C'est à l'aide d'ADN extrait de spécimens de fleurs éteintes et conservées dans l'herbier de l'université de Harvard, que l'équipe de l'entreprise de biotechnologie Ginkgo Bioworks a synthétisé des séquences de gènes susceptibles de donner naissance à des enzymes produisant des parfums. À partir de ce travail, l'artiste et spécialiste des odeurs Sissel Tolaas a reconstruit les parfums des fleurs dans son laboratoire, en utilisant des molécules d'odeurs identiques ou comparables. Les biotechnologies nous permettent de remonter le passé et nous donner un aperçu de chaque fleur disparue, mais nous ne pourrons jamais connaître précisément leur parfum : la quantité de chaque molécule odorante a également disparu.Il ne s'agit pas d'une manière d'inverser l'extinction, mais d'une utilisation des techniques, de l'odorat et de paysages reconstitués numériquement pour révéler l'interaction d'une espèce et d'un lieu qui n'existent plus.L'homme au sein de la nature Ressusciter l'odeur de fleurs éteintes afin de pouvoir à nouveau sentir quelque chose que nous avons détruit produit un effet impressionnant, voire terrifiant. Cette sensation vertigineuse évoque le sublime, une « expression de l'inconnaissable », un état esthétique qui encourage une réflexion sur la position de l'homme au sein de l'immensité de la nature. Resurrecting the Sublime est une injonction à réfléchir à nos actions et à les reconsidérer pour le futur.

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